07.12.2008

Victoire laïque

Les parlementaires socialistes ont gagné leur combat contre l’article 89 de la loi du 13 août 2004, obligeant les communes à financer la clip_image002.jpgscolarité de leurs élèves en résidence fréquentant les écoles privés d’autres communes, ce qui constituait une atteinte grave au principe de laïcité.

Après quatre ans, la mesure est abrogée. Le principe de parité public/privé sera rétabli par une proposition de loi sénatoriale.

S’il faut rester vigilant, je tiens à saluer cette victoire de tous les laïcs pour l’enseignement public.

Car je reste convaincu que notre République n’est plus laïque si notre Ecole ne l’est pas.

29.11.2008

RASED , Ecole publique à Epinay

Je souhaite ici souligner le caractère pour le moins opportuniste du « soutien » aux RASED manifesté par le maire de droite d’Epinay S/Seine alors que ses propres élus se sont récemment abstenus dans les conseils d’école de la ville Sans titre.JPGsur le vote d’un vœu de soutien aux RASED proposé par les équipes éducatives.

En effet, la cohérence globale d’un soutien à l’Ecole publique et aux enseignants voudrait par exemple :

-que l’on soutienne le droit à la scolarisation des enfants de moins de trois ans en maternelle, ce qui n’est pas le cas à Epinay S/Seine

-que l’on soutienne les enseignants en grève en ne mettant pas en place le service minimum d’accueil, ce qui n’est pas le cas à Epinay S/Seine

-que l’on vote la défense des RASED lorsque les enseignants sollicitent ce soutien en conseil d’école, ce qui n’a pas été le cas à Epinay S/Seine

-que l’on manifeste un soutien indéfectible aux enseignants qui se battent depuis bien des années contre les fermetures de classes à Epinay S/Seine, ce qui n’est pas le cas à Epinay S/Seine

L’Ecole publique ne peut être soutenue par simple opportunisme en fonction du moment.

La défense du service public d’enseignement est pour moi  un combat de toujours car une société sans Education et sans une Ecole publique  de qualité est une société sans avenir.

 

 

07.11.2008

L’AIDE AUX DEVOIRS REMISE EN CAUSE

clip_image001.jpgPlusieurs associations qui font de l'aide aux devoirs dans les banlieues sont menacées face au désengagement financier de  l'Etat.

L’Afev, premier réseau d’aide à la scolarité dans les quartiers, a appris que sa subvention pour 2008 serait amputée d’un quart. Au lieu des 675 000 euros promis, elle touchera 506 250 euros.

C’est une catastrophe pour l’association qui avait pourtant reçu l’assurance du ministère de l’Education en début d’année qu’il «n’y aurait pas de problèmes» et qui avait en conséquence lancé de nombreuses actions.

Résultat: elle risque de devoir en arrêter immédiatement. Ce sont des milliers de jeunes qui ne pourront alors plus être soutenus et des milliers de bénévoles ne pourront plus être accueillis.

Plus grave encore : l’Afev n’est pas la seule dans son cas. En raison d’un budget 2009 très resserré avant même la crise, de nombreuses associations – comme tout le réseau de l’éducation populaire, la Ligue de l’enseignement, les Francas, … - sont touchées. Certaines craignent même pour leur survie.

Cette situation est intolérable : il y va de l’égalité des chances dans nos quartiers.

C’est pourquoi je soutiens la proposition d’un moratoire sur les subventions aux associations qui mènent des actions éducatives dans les quartiers ou auprès des établissements prioritaires.

30.10.2008

Tibéri : la honte

Tibèri.JPGEn signalant à la police une mère de famille sans papier venue inscrire son enfant à l’école, le maire du 5ème arrondissement se fait l’apôtre de la délation d’Etat.

Faudra-t-il rappeler à cet homme aux pratiques électorales douteuses que la scolarisation des enfants, ne lui en déplaise, ne dépend nullement de la situation de séjour des parents mais relève d’un droit imprescriptible ?

Quand bien même Tibéri  invoque l’article 40 du code de procédure pénale-article commandant aux fonctionnaires de dénoncer au procureur de la République les faits délictueux dont il a connaissance-, on voit bien qu’un tel comportement s’inscrit dans le cadre de la politique de la « chasse aux sans-papiers » engagée par le gouvernement.

S’attaquer ainsi aux femmes et aux enfants rappelle des heures sombres de notre Histoire.

Sauf à chasser de l’Ecole de la République des dizaines de milliers d’enfants, les pouvoirs publics doivent absolument prendre position.

Pour ma part, il est inconcevable de s’attaquer aux femmes et aux enfants, quelle que soit la politique invoquée.

04.06.2008

Ecole-Télé : match équilibré ?

tele.jpg Alors que les français de plus de 4 ans passent en moyenne 3 h27 par jour devant la télé contre seulement 3 heures il y a dix ans, alors que 60% des enfants de plus de 8 ans ont aujourd’hui une télé dans leur chambre, alors que les téléphones mobiles reçoivent maintenant les chaînes de télé –bientôt jusqu’à 16 chaînes pour certains !-, alors qu’un français a en moyenne 41,3 contacts par jour avec un média, on peut penser que l’école et la télé ne « jouent pas dans la même cour » en terme de concurrence.

Et pourtant, tout n’est pas perdu. En effet, un directeur d’école primaire du quartier du Neuhof à Strasbourg a proposé à ses 250 élèves de se passer de télévision, d’ordinateur, de console de jeux… et ce pendant dix jours.

Et ça a marché ! Activités de lecture, jeux collectifs, balades, tout cela organisé avec les parents et les enseignants, pour le plus grand bonheur de tous.

Tout n’est pas perdu, décidément…

27.05.2008

Palme d’Or à Cannes : que du bonheur !

1936680764.gif En attribuant la palme d’Or au film de Laurent Cantet « Entre les murs » adapté du roman de François Bégaudeau, Sean Penn et son jury ont frappé un grand coup.

Au moment où l’Ecole est dans l’œil du cyclone de la rue de Grenelle, au moment où une vision passéiste et rétrograde de l’Ecole est remise au goût du jour, l’honneur fait à ce film constitue un moment de vérité.

Vérité tout d’abord du quotidien des établissements scolaires, avec des élèves porteurs de qualités, de potentialités que l’Ecole essaie tant bien que mal de valoriser et de développer.

Vérité ensuite des difficultés rencontrées par les enseignants, souvent seuls et peu formés, confrontés aux angoisses, aux interrogations, aux manques de repères d’une jeunesse parfois perdue dans une société de plus en plus complexe et inégalitaire.

Vérité enfin portée par l’Ecole qui reste malgré tout un lieu de vie, d’apprentissages de savoirs, de savoir-faire et de savoir-être, un lieu où les repères existent encore grâce à l’investissement et au professionnalisme des enseignants.

Laurent Cantet, François Bégaudeau, Sean Penn : merci.

18.04.2008

Quel avenir pour l'Ecole en Seine-Saint-Denis?

1420826357.jpg Dans notre département, l’année scolaire se déroule dans des conditions catastrophiques : des dizaines de journées de classes sans maître par manque de remplaçants, quasiment plus aucun enfant de moins de trois ans à l’école, des élèves en grandes difficultés scolaires qui ne peuvent être aidés faute d’enseignants spécialisés, des directions d’école de plus en plus sollicitées , des stages de formation continue supprimés faute de remplaçants, des dotations horaires en chute libre dans les collèges et lycées…

A cette liste  viennent s’ajouter les premiers éléments de carte scolaire pour la rentrée de septembre 2008 particulièrement inquiétants pour les enfants et les familles de Seine-Saint-Denis. La politique de démantèlement du service public d’éducation orchestrée par le gouvernement Sarkozy-Fillon-Darcos va aggraver plus encore les conditions d’enseignement et d’accueil des élèves.

70 fermetures de classes sont annoncées pour 2000 élèves de plus dans le premier degré, 193 postes supprimés dans le second degré, des dotations horaires en diminution dans le second degré: ces prévisions sont inacceptables. Elles s’inscrivent dans un contexte où le gouvernement annonce la suppression de 11 000 postes sur le budget 2008 alors que depuis 2002 , 46% des postes aux concours d’enseignement général ont été supprimés et 62 % des postes aux concours d’enseignement professionnel..

L’égalité des chances, la réussite scolaire de chaque enfant, la prise en compte d’une hétérogénéité grandissante dans nos quartiers passent par des conditions d’encadrement permettant le suivi individualisé et la prise en compte des besoins de tous les élèves.

C’est pourquoi, aux côtés des parents d’élèves et des enseignants de Seine-Saint-Denis , il est important de :

-s’opposer aux fermetures de classes annoncées dans le premier degré et aux réductions des dotations horaires dans le second degré,

-demander  les ouvertures de classes là où elles sont nécessaires et les dotations horaires  nécessaires aux collèges et lycées,

-demander les moyens nécessaires en remplaçants pour assurer la continuité du service public d’éducation,

-demander une dotation en médecins scolaires et en infirmières permettant un suivi médical adapté à chaque élève

En Seine-Saint-Denis comme ailleurs,  l’Ecole doit être une priorité : pilier de notre République, instrument majeur de l’égalité entre tous les jeunes , lieu d’émancipation et de socialisation, le service d’enseignement public et laïque est un véritable investissement sur l’avenir.