27.05.2008

Décentralisation : la droite malhonnête.

La mauvaise foi avec laquelle le gouvernement désigne les collectivités locales comme responsables des déséquilibres financiers de la France relève du cynisme, voire de la malhonnêteté.

En effet, la droite a totalement perverti la décentralisation telle qu’elle avait été mise en œuvre par la gauche en 1983.

C’est la droite qui a détourné ce principe de décentralisation en le transformant en un moyen commode pour l'Etat de se défausser de pans entiers de politiques publiques sur les collectivités locales, à l’instar du RMI ou des politiques d'aide aux personnes âgées. Et au bout du compte, c’est la droite qui a fait peser comme jamais  la politique sociale sur les élus locaux dans le seul but de combler les vides laissées par l'Etat.

En transférant les compétences sans les financements, la droite a transféré de la pression fiscale, a aggravé les inégalités entre les collectivités territoriales et les élus locaux se sont ainsi retrouvés devant un dilemme : supprimer des services ou augmenter les impôts.

Au moment où la droite  crie aux  loups, rappelons simplement  un seul chiffre : les collectivités locales financent aujourd'hui plus de 70 % de l'investissement public !

Plutôt que de stigmatiser les collectivités (régions, départements et grandes villes majoritairement à gauche), la droite ferait mieux d’assumer ses responsabilités.


25.05.2008

Halte au feu

149148952.jpgJe le dis tel que je le pense : la tournure que prend cette période de pré-congrès ne me plait pas. Bien entendu la question des personnes est importante pour mener les combats à venir à partir du moment où François Hollande a annonçé qu'il ne se représentera pas. Mais elle n'est pas tout et quand bien même nous aurions le ou la meilleur(e) candidat(e), nous serions incapables de revenir aux responsabilités sans un véritable projet de société.

Alors cette montée en puissance d'un affrontement bipolaire entre deux de nos responsables politiques est à mon sens dangereuse pour les socialistes au sens où  elle relègue les questions de fond au second, voire à l'arrière plan : quel projet de société pour demain ? quelle alternative à la politique de la droite ?

Ce sont ces questions là -et d'autres- auxquelles les militants vont devoir réfléchir pendant ce congrès. Ne privons pas les militants de ce débat de fond. Le temps du choix des équipes viendra ensuite.

N'oublions pas que les Français nous regardent. Et que la droite  exploitera au maximum les attaques et les querelles entre socialistes comme elle a su si bien le faire lors de la dernière élection présidentielle.

14.05.2008

Le fait du prince

Décidément, le président de la République ne sait plus quoi inventer pour exister, comme en témoigne sa dernière "sortie" sur la question de l'esclavage.

Oui l'esclavage est un crime contre l'humanité. Oui l'esclavage reste un crime ineffaçable de la chair et de l'inconscient de beaucoup de nos compatriotes, en particulier aux Antilles, en outre-mer, qui se vivent en France comme les héritiers de cette histoire.

Mais ce n'est pas au président de la République de changer les programmes de l'école primaire chaque fois qu'il y a un moment d'émotion. Cette décision souveraine est un abus de pouvoir.

Au delà du fait que cette déclaration traduit chez Nicolas Sarkozy une totale méconnaissance des programmes scolaires qui prévoient déjà l'étude de l'esclavage, le président de la République semble avoir oublié que dans notre pays la séparation des pouvoirs est une réalité et que par conséquent il ne peut pas décider tout seul.

Même sur un sujet parfaitement justifié, le fait du prince n'est pas acceptable

10.05.2008

Sans scrupule

Le président de la République a enfin trouvé les responsables de sa chute de popularité, ceux qui s'acharnent à discréditer, à critiquer, à ternir l'image et la politique du chef de l'Etat : les médias, bien sûr !
Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ?
On rappellera simplement que Nicolas Sarkozy a su trouver la presse pour, quand cela l'arrangeait, mettre sur la place publique sa vie personnelle sans aucune retenue mais bien pour s'en servir dans son ascension vers le pouvoir suprême, discréditant à cette occasion la
fonction présidentielle.
Accuser aujourd'hui ces mêmes médias de jouer un rôle d'opposition au chef de l'Etat relève au mieux de l'inconscience, au pire du cynisme le plus abouti.

04.05.2008

Défi

La chute de popularité du président de la république m'amène à deux réflexions :

 

- la politique qu'il a engagée constitue à l'évidence un échec cinglant : aggravation des inégalités, remise en cause des systèmes de solidarité, démantèlement des services publics, retour en force des privilèges pour les classes les plus aisées ...Cette politique déçoit également une partie non négligeable de ceux qui ont voté pour Sarkozy il y un an : le retour à la réalité est brutal, les promesses ne sont pas tenues, les revirements sont incessants, la fonction présidentielle considérablement affaiblie, l'image de la France ternie un peu partout sur la planète,

- pour autant, cet échec ne signifie pas, loin s'en faut, que les socialistes incarnent une possible alternative à la politique libérale de Sarkozy. Et c'est pourtant ce défi que la gauche et notamment les socialistes doivent relever : bâtir un projet de société crédible
répondant aux attentes de nos concitoyens, où chacun puisse trouver sa place et trouver des perspectives d'avenir. C'est tout le sens, tout l'enjeu du congrès que les socialistes vont tenir à l'automne. Sachons le relever.

18.04.2008

Quel avenir pour l'Ecole en Seine-Saint-Denis?

1420826357.jpg Dans notre département, l’année scolaire se déroule dans des conditions catastrophiques : des dizaines de journées de classes sans maître par manque de remplaçants, quasiment plus aucun enfant de moins de trois ans à l’école, des élèves en grandes difficultés scolaires qui ne peuvent être aidés faute d’enseignants spécialisés, des directions d’école de plus en plus sollicitées , des stages de formation continue supprimés faute de remplaçants, des dotations horaires en chute libre dans les collèges et lycées…

A cette liste  viennent s’ajouter les premiers éléments de carte scolaire pour la rentrée de septembre 2008 particulièrement inquiétants pour les enfants et les familles de Seine-Saint-Denis. La politique de démantèlement du service public d’éducation orchestrée par le gouvernement Sarkozy-Fillon-Darcos va aggraver plus encore les conditions d’enseignement et d’accueil des élèves.

70 fermetures de classes sont annoncées pour 2000 élèves de plus dans le premier degré, 193 postes supprimés dans le second degré, des dotations horaires en diminution dans le second degré: ces prévisions sont inacceptables. Elles s’inscrivent dans un contexte où le gouvernement annonce la suppression de 11 000 postes sur le budget 2008 alors que depuis 2002 , 46% des postes aux concours d’enseignement général ont été supprimés et 62 % des postes aux concours d’enseignement professionnel..

L’égalité des chances, la réussite scolaire de chaque enfant, la prise en compte d’une hétérogénéité grandissante dans nos quartiers passent par des conditions d’encadrement permettant le suivi individualisé et la prise en compte des besoins de tous les élèves.

C’est pourquoi, aux côtés des parents d’élèves et des enseignants de Seine-Saint-Denis , il est important de :

-s’opposer aux fermetures de classes annoncées dans le premier degré et aux réductions des dotations horaires dans le second degré,

-demander  les ouvertures de classes là où elles sont nécessaires et les dotations horaires  nécessaires aux collèges et lycées,

-demander les moyens nécessaires en remplaçants pour assurer la continuité du service public d’éducation,

-demander une dotation en médecins scolaires et en infirmières permettant un suivi médical adapté à chaque élève

En Seine-Saint-Denis comme ailleurs,  l’Ecole doit être une priorité : pilier de notre République, instrument majeur de l’égalité entre tous les jeunes , lieu d’émancipation et de socialisation, le service d’enseignement public et laïque est un véritable investissement sur l’avenir.